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Le blog de la revue Le Décolletage et industrie

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L’expérience de cadres-retraités intéresse la préfecture de Haute-Savoie

Publié par Jérôme Meyrand sur 7 Août 2009, 07:10am


Des cadres aux cheveux blanchis à la rescousse de chefs d’entreprise
pouvant parfois douter. Créée en 1974, l’association Ecti (Echanges et consultations techniques internationales) regroupe d’anciens cadres (pré-retraités et retraités), responsables d’entreprise ou d’administration. Sur les quinze premières années, ces seniors bénévoles intervenaient essentiellement dans les pays en voie de développement. De précieux conseils en matière de formation, organisation d’atelier, management, marketing, étude de marché. « Puis, avec la hausse du chômage, l’Ecti a concentré ses actions en France et essentiellement auprès des entreprises », explique Gilbert Chedal-Anglay (à droite sur notre photo), délégué départemental de l’association.
Trop peu connue en Haute-Savoie, l’association, qui compte 35 adhérents et siège à Annecy, a voulu réagir très vite face au ralentissement locale de l’activité. « Nous avons envoyé des lettres à une quarantaine d’entreprises afin de proposer nos services. Malgré des relances téléphoniques, nous n’avons eu aucune demande », se désole Gilbert, 72 ans, ancien directeur général d’une filiale d’Alstom. Déception dans les rangs de l’Ecti 74. Mais pas pour longtemps.

Diagnostic industriel

En effet, début juin, le préfet en personne fait appel à ces retraités très actifs. Ce sont des missions d’expertise qui leur sont confiées. Alors que dans la vallée de l’Arve, les sous-traitants de l’automobile sont au bord de l’asphyxie, les services de l’Etat acceptent d’échelonner les dettes sociales et fiscales pour redonner du souffle à leur trésorerie. Pour étudier les dossiers, les fonctionnaires ont besoin de savoir si les candidats ont les reins solides. « Un bilan et une analyse financière ne suffit pas, décrypte Gilbert. Car il faut aussi savoir apprécier, au sein de l’entreprise, la qualité du management, ses marchés… Bref, on passe en revue dix à douze points clés pour bâtir notre diagnostic industriel. » On notera que cette mission confiée par une préfecture est une première dans les annales de l’Ecti. L’interlocuteur dans cette mission est le trésorier-payeur général. « On lui transmet un avis technico-industriel », affirme le délégué départemental.
C’est une quinzaine d’entreprises de 25 à 100 salariés pour lesquelles les services de la préfecture voudraient en savoir plus afin d’accorder ou pas un report de leurs cotisations. Six bénévoles sont mobilisés pour cette mission qui s’achévera en septembre.

Aider les chômeurs de plus de 50 ans

Une mission importante pour l’Ecti. Il faut dire que l’association a plutôt l’habitude de travailler avec des petites entreprises d’une dizaine de personnes. Par exemple, cette année les seniors bénévoles ont été sollicités pour renforcer un chiffre d’affaires, développer une nouvelle stratégie industrielle, trouver de nouveaux marchés. Ils ont également accompagné un créateur d’entreprise. Mais c’est aussi en direction des demandeurs d’emploi que les membres de l’Ecti interviennent. Ils s’adressent plus particulièrement aux chômeurs de plus de 50 ans. « Nous disposons d’un module avec lequel on travaille sur plusieurs séances d’entretien », explique Alain Vivet, 64 ans, chargé de mission. Ils apprennent à refaire un CV, une lettre de motivation. Et l’Ecti les prépare à leur prochain recrutement. « Car bien souvent ils étaient salariés depuis longtemps dans leur entreprise et n’ont jamais eu l’occasion de participer à un entretien d’embauche », commente Alain. De l’employeur au futur employé, les sages de l’Ecti démontrent que leur expérience vaut de l’or.

E-mail
Gilbert Chedal-Anglay, délégué de l’Ecti 74 :
chedal44@orange.fr


Comprendre. Si les membres de l’Ecti (Echanges et consultations techniques internationales) sont tous bénévoles, leurs interventions auprès des entreprises est en revanche facturées. Sous la forme d’un tarif annuel qui englobe la totalité de la mission d’expertise. Hors frais de déplacement. L’argent est versé dans une caisse servant au fonctionnement de l’association. Il y a notamment sept salariés à Paris pour gérer 3 000 seniors bénévoles.

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