
Alors que les salariés de New Fabris ont déclaré maintenir leur ultimatum au 31 juillet en menaçant de faire sauter leur usine de Châtellerault (Vienne) s’ils n’obtenaient pas une prime de licenciement de 30 000 euros, le ministre chargé de l’Industrie, Christian Estrosi, réagit. Dans un communiqué de presse, diffusé ce jeudi 30 juillet, il s’explique sur les différents points du conflit.
Un ministre inquiet de ne pas avoir été entendu par les salariés. « En conservant cette attitude menaçante, ou en laissant planer le doute sur leurs intentions, les salariés de New Fabris semblent ignorer à la fois l’esprit de dialogue et d’ouverture qui a animé le ministre au cours du conflit, fait savoir son cabinet. Et les efforts soutenus qu’il a déployés en leur faveur auprès des constructeurs, du liquidateur judiciaire et des créanciers. »
L’usage de la violence met fin à toute négociation. « Sans une renonciation explicite et sans ambiguïté à tout recours à la menace et la violence, le protocole de fin de conflit, qui reprend tous les aspects acquis au cours de la négociation, ne pourra être mis en œuvre. »
D’autres salariés ne se reconnaissent pas dans cet ultimatum. « Une proportion importante des salariés de New Fabris ne se reconnaissent pas dans ce genre d’action, et attire l’attention de ceux qui veulent utiliser des procédés de chantage à la violence sur la responsabilité qu’ils prennent devant leurs collègues et leurs familles, qui pourraient être privés de l’accompagnement qu’il est parvenu à leur proposer. »
Le ministre avait pourtant des propositions concrètes. « Départs en préretraite, adhésion au Contrat de Transition Professionnelle (qui assurera un accompagnement renforcé des salariés vers la recherche d’emploi, ainsi que la garantie du maintien de 95% de leur rémunération pendant 12 mois), versement d’une aide personnelle à la recherche d’emploi, cette aide venant se cumuler aux indemnités légales prévues par la loi. »
Le spécialiste de l’usinage de pièces pour l’automobile est placé depuis le 16 juin en liquidation judiciaire assortie de l’arrêt d’activité immédiate. Cette entreprise de 366 salariés a perdu ses deux principaux clients, Renault et PSA qui représentaient 90% de son chiffre d’affaires.