C’est sur les chaînes de télévision que le président de la République a annoncé la suppression de la taxe professionnelle (TP) en 2010, le 5 février. Autant dire que dans la vallée de l’Arve, la nouvelle a été appréciée même si les chefs d’entreprise ne se font guère d’illusion sur un nouvel impôt de remplacement. Voici quatre réactions.
Jean-Luc Perret, p-dg de Thevenet Technologies à Magland. « C’est un impôt lourd pour nos entreprises. Sur un chiffre d’affaires de 17 millions d’euros, je paie 350 000 euros de taxe professionnelle. Ce sera pour moi un gain de deux points d’investissement. Mais quel nouvel impôt va-t-on créer pour compenser cette perte. La question que je me pose : quelles seront les relations entre les mairies et les entreprises sans la TP ? Et dans la vallée de l’Arve, cette taxe est très importante pour nos collectivités. »
Patrice Mathiot, directeur général de Technocontact à Cluses. « La TP représente tout de même quelques pour cent sur notre chiffre d’affaires. La question, c’est : qu’est-ce qu’on fait pour 2009 ? Nous avons besoin avant tout de mesures d’urgence. Car, même si le paiement de la TP2008 a été reporté, il faudra bien la payer cette année. J’étais à Argonay (le 23 octobre dernier, ndlr) quand le président de la République a annoncé l’exonération de la taxe sur l’investissement. Une mesure peu intéressante car nous n’allions pas investir en 2009. »
Jean-Marie Gomila, le président départemental de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CGPME). « C’est une excellente chose, mais la vallée de l’Arve a besoin de mesures d’urgence. »
Lionel Baud, président du Syndicat national du décolletage (SNDEC). « On ne peut que se féliciter de cette nouvelle. En effet, les entreprises de décolletage sont très capitalistiques. Elles travaillent beaucoup sur des investissements et c’est une taxe qui les pénalise énormément. Mais il faut rester attentif et voir par quel autre impôt elle va être remplacée. »