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Le blog de la revue Le Décolletage et industrie

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L’origine du décolletage : le forgeage des outils

Publié par Jérôme Meyrand sur 26 Juin 2008, 07:42am

Si l’on pouvait croire que l’industrie de la vallée de l’Arve remonte à l’emploi hivernal des paysans dans l’horlogerie genevoise, il en est autrement. C’est en tout cas ce qu’affirme pleinement sur son blog, Rémi Mogenet, sur le site web du quotidien suisse la Tribune de Genève. En effet, « cet emploi a été effectué parce que les paysans passaient déjà l’hiver, auparavant, à forger leurs propres outils, écrit-il. Et l’emploi n’est devenu complet et professionnel que sous le roi Charles-Félix. (…) C’est bien le roi de Sardaigne qui a fait du décolletage une industrie au sens propre, qui l’a professionnalisé. Genève a représenté une étape importante, mais non fondamentale. »

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(Au reste - excusez-moi d'en rajouter encore -, le musée du décolletage précise que : "Au début du XVIIIe siècle, Claude-Joseph Ballaloud, issu d'une famille d'horlogers de Saint-Sigismond, village sur les hauts de Cluses, va perfectionner son art à Nuremberg. A son retour en 1720, il transmet son savoir-faire aux paysans et les forme à la fabrication de petites pièces d'horlogerie qui seront revendues aux fabriques de Genève. Cette activité leur procure un revenu d'appoint qui complète leur travail agricole.<br /> Transmis de génération en génération, ce nouveau métier s'étend à la Vallée de l'Arve." Ainsi, l'horlogerie locale, savoyarde, est bien à l'origine du décolletage : Genève n'a servi qu'à multiplier les clients, et donc les commandes. Pour Charles-Félix, j'y ai pensé surtout à cause de la colonne de Bonneville, mais il semble que la professionnalisation date plutôt de Charles-Albert, qui a été le grand industrialisateur - si je puis dire - de la Savoie : "Sous l'impulsion de Firmin GUY, Syndic de la ville, est fondée l'Ecole Royale d'Horlogerie de Cluses, par décret royal du 31 mars 1848 signé par Charles-Albert de Piémont-Sardaigne. La qualité de l'enseignement prodigué aux élèves procure à l'Ecole une notoriété internationale.<br /> Devenue impériale, elle sera la pépinière d'excellents horlogers et plus tard, de remarquables décolleteurs." Mais au départ, cela vient du syndic de Cluses Néanmoins, à cette époque, les syndics étaient nommés par le Roi, et non élus. L'initiative ne revient donc pas à Genève, et c'est même en Allemagne que la connaissance scientifique a été prise, au départ, et non à Genève.
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Errata : cOmtois ; de le voir...<br /> <br /> (Et puis, j'ai voulu aussi supprimer l'impression qu'on pouvait avoir, que les Savoyars n'avaient fait qu'exécuter la volonté des Genevois : ils sont responsables de ce qu'ils ont fait, c'est eux qui en ont pris l'initiative, même si la situation qui a permis de la prendre a été créée par les Genevois.)
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Cher M. Meyrand,<br /> <br /> Disons que l'horlogerie genevoise a été la première étape des pièces forgées commercialisées ; jusque-là, les paysans ne les forgeaient que pour eux-mêmes, et donc, cela n'entrait pas vraiment dans l'économie, ou alors, parfois, sous forme d'échanges de proximité. Cependant, même s'il faudrait quand même vérifier, les faits que je connais m'inspirent que la fabrication de pièces à plein temps, au sein duquel on est payé à l'heure et non plus à la pièce, n'a pas été officiellement instaurée par les Genevois, même si la vente à Genève a permis à des patrons de créer ces entreprises professionnelles. Mais il faut distinguer entre cause directe et cause indirecte. A ma connaissance, en tout cas, les patrons du décolletage sont français, et non genevois. Que Genève ait été le premier client ne doit rien enlever à la propriété savoyarde des entreprises. C'est ce que j'ai voulu dire.<br /> <br /> En outre, pour le don qu'eurent les paysans savoyards ou cmtois pour forger des outils, je suis persuadé qu'il faut se référer au don qu'avaient déjà les Burgondes, selon les historiens romains, pour ce même art de forge.<br /> <br /> Ce qu'il y a, c'est que j'ai voulu rétablir la dignité de celui qui forge une pièce, au lieu d ele voir comme subordonné au client qui la lui achète pour assembler des machines plus complexes. Je trouve dénué de fondement d'établir une hiérarchie : les hommes sont égaux. D'ailleurs, l'horlogerie genevoise, elle-même, est d'origine comtoise.
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