Photo : Lors des Etats généraux de l'industrie à Annecy-le-Vieux, le 14 décembre. De gauche à droite: Emmanuel Noyer, représentant des salariés, René Nantua, directeur général du pôle de compétitivité Arve-Industries, Lionel Baud, président du Syndicat national du décolletage, Etienne Piot, président d'Arve-Industries et Thierry Guillemin, directeur du Centre technique de l'industrie du décolletage
Dans un article paru dans Le Messager le 17 décembre, nous relations les pistes sur lesquelles ont
pu s’orienter les différents acteurs du monde industriel lors d’une réunion départementale des Etats généraux de l’industrie. A Annecy-le-Vieux (Haute-Savoie), les intervenants ont donné leur
vision sur cette nouvelle politique industrielle qui n’a pas encore fait ses premiers pas. Un constat : de nombreux projets mis en chantier en Haute-Savoie sont la partie déjà concrète d’une
industrie en pleine mutation.
Améliorer les relations entre clients et fournisseurs. Le député-maire de Bonneville, Martial Saddier, en avait fait son cheval de bataille. Les délais de paiement réduits à 60
jours au lieu de 120 ont donné un nouveau souffle aux décolleteurs.
Lors des précédents états généraux de l’automobile, lancés à Paris en janvier, alors que le secteur était paralysé par la crise économique fin 2008, Lionel Baud, le président du Syndicat national
du décolletage (SNDEC), souhaitait que soit instauré un code de bonnes pratiques dans la filière automobile. « Il faut que l’on se parle à chaque étage de la fusée », soulignait Martial
Saddier à Annecy-le-Vieux.
Une plateforme de travail spécifique au décolletage a été mis en place au SNDEC où se retrouvent des sous-traitants de la vallée de l’Arve et des directeurs d’achats des groupes Renault et PSA,
mais aussi de grands équipementiers, pour réfléchir à une relation plus durable entre eux.
A Paris, Lionel Baud avait d’ailleurs frappé du poing sur la table, pour que les constructeurs et équipementiers cessent d’imposer à leurs fournisseurs de produire leurs pièces dans des pays low
cost. Message reçu cinq sur cinq par l’Etat.
Le regroupement d’entreprises. « Il faut jouer collectif », ne cesse de répéter René Nantua, le directeur général du pôle de compétitivité Arve-Industries. Son
président, Etienne Piot, veut « mettre en commun des ressources et des potentiels dans le domaine des achats de matière première ou du transport afin d’obtenir de meilleures conditions de
prix ».
Alors que plusieurs fonds de pension ont déjà plié bagage dans la vallée de l’Arve, on commence à voir apparaître des groupes industries multisites de production. A l’image de Maike, Baud
Industries, Cesar Vuarchex-Enricau, Altia… Les nouveaux leaders du décolletage ? « Il faut regrouper les entreprises pour offrir plus de visibilité aux grands donneurs d’ordre »,
recommande Etienne Piot.
La conception collaborative. Le pôle Arve-Industries n’a pas attendu les Etats généraux de l’industrie pour lancer son programme de coconception entre clients et fournisseurs,
Praxis. « Praxis ? C’est l’intégration du fournisseur dans la conception d’un produit », définit Jean Breton, en charge du projet. Il s’agit ici de faciliter aux sous-traitants
l’accès aux bureaux d’étude des donneurs d’ordre afin d’améliorer le processus de fabrication d’un produit. « Tous les projets ambitieux que nous avons sous le coude pour les prochains
années sont des projets collaboratifs », reconnaît Louis Pernat, de l’entreprise de décolletage HBP à Marnaz.
Améliorer la compétence des salariés. « Il n’est de richesse que d’homme », dit Etienne Piot, également patron du site bonnevillois Bosch Rexroth Fluidtech. Coincé
entre des machines-outils à l’arrêt dans les ateliers, faute de commandes, et la volonté de garder leurs salariés expérimentés, les décolleteurs ont opté pour le dispositif de la CGPME de
Haute-Savoie, « former plutôt que licencier ». Dispositif qui a servi de modèle pour les autres territoires en difficultés économiques.
Le lean manufacturing. Dans l’industrie, il s’agit d’une démarche visant à réduire les temps improductifs dans les ateliers. Mettre fin au gaspillage en produisant au
meilleur coût. L’entreprise d’Etienne Piot a déjà créé depuis plusieurs mois, une école interne de formation au lean manufacturing. Le Centre technique de l’industrie du décolletage
s’apprête à ouvrir la sienne dès 2010. © www.revueledecolletage.over-blog.com


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